RUSTENBURG (Afrique du Sud) — Le Ghana s’est qualifié samedi pour les quarts de finale du Mondial-2010 en battant les Etats-Unis 2 à 1 après prolongation (1-1 à la fin du temps réglementaire) en 8e de finale à Rustenburg, et affrontera l’Uruguay vendredi pour une place dans le dernier carré.
Avec cette performance, le Ghana devient la troisième sélection africaine à atteindre les quarts de finale d’une Coupe du monde après le Cameroun en 1990 et le Sénégal en 2002. La sélection dirigée par le Serbe Milovan Rajevac est la seule équipe africaine à être sortie des poules en Afrique du Sud.
Les Ghanéens sont idéalement entrés dans la partie grâce à un but rapidement inscrit par l’attaquant Kevin-Prince Boateng (5) d’une frappe à ras de terre au premier poteau à l’issue d’un joli raid solitaire.
Boateng, qui a grandi en Allemagne et évolue en Angleterre à Portsmouth, a choisi juste avant le tournoi d’évoluer sous les couleurs du Ghana, le pays de son père. Il a été au coeur d’une polémique en Allemagne pour un tacle violent sur Michael Ballack lors de la finale de la Coupe d’Angleterre en mai, qui a coûté sa Coupe du monde au milieu de terrain allemand.
Après un début de match dominé par les Ghanéens, les Américains ont bien réagi et se sont créé plusieurs occasions nettes, se heurtant à l’excellent gardien Richard Kingson. Ils égalisaient finalement sur penalty par l’attaquant Landon Donovan (62) après une faute de Jonathan Mensah sur Clint Dempsey.
Semblant plus frais physiquement, les Américains dominaient toute la deuxième période mais ne parvenaient pas à marquer.
Au contraire, dès le début de la prolongation, c’est l’attaquant Gyan qui marquait pour le Ghana, son 3e but depuis le début de la compétition, après une longue ouverture d’Andre Ayew.
Vendredi à Johannesburg (Soccer City, 18H30 GMT), le Ghana tentera de devenir la première équipe africaine à atteindre les demi-finales d’un Mondial. Il jouera contre l’Uruguay, qui a éliminé la Corée du Sud plus tôt samedi (2-1).
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Etats-Unis : Howard (1) – Cherundolo (6), DeMerit (15), Bocanegra (3, cap), Bornstein (12) – Donovan (10), M. Bradley (4), Clark (13), Dempsey (8) – Altidore (17) et Findley (20).
Ghana : Kingson (22) – Sarpei (2), Jonathan Mensah (8), Joh. Mensah (5, cap), Pantsil (4) – Ayew (13), Prince Boateng (23), Inkoom (7), Annan (6), Asamoah (21) – Gyan (3).
Même battu par l’Espagne (1-2) vendredi lors de la dernière journée du groupe H, le Chili a montré suffisamment d’enthousiasme et de dynamisme pour perturber le Brésil en huitièmes de finale de la Coupe du Monde, lundi à Johannesburg.
Pour les Chiliens, c’est comme une revanche puisque leur dernier huitième de Coupe du Monde, ils l’ont justement disputé – et perdu – face au Brésil (1:4) à la Coupe du Monde de la FIFA 1998.
Après avoir gagné leur deux premiers matches contre le Honduras (1:0) puis la Suisse (1:0), les Chiliens ont livré un bon match face à l’Espagne, démontrant qu’ils n’avaient pas pour rien achevé les qualifications à la 2e place du groupe Amsud.
Leur défaite est plus qu’honorable puisqu’ils ont grandement inquiété les champions d’Europe, notamment au début de la première période, à l’image du très remuant attaquant Beausejour ou de l’omniprésent milieu Vidal.
Et s’ils ont encaissé deux buts à la suite d’erreurs individuelles – une sortie ratée du gardien et un ballon égaré par Jara au milieu – puis perdu le milieu Estrada, exclu pour deux avertissements (37′), ils n’ont jamais renoncé, continuant à jouer tous les coups à fond. Une activité récompensée par le but de Millar (47′), avant qu’ils ne marquent logiquement le coup physiquement en fin de rencontre.
Sans l’axe défensif titulaire
Très rapides et techniques, physiques aussi, les Chiliens ont cependant quelques difficultés à canaliser leur agressivité. En plus de l’exclusion d’Estrada, les défenseurs Medel et Ponce ont été avertis. Titulaires dans l’axe depuis le début de la Coupe du Monde, ils seront suspendus contre la Seleçao.
Un casse-tête pour le sélectionneur Marcelo Bielsa qui va devoir recomposer 50 % de sa défense avant d’affronter les Luis Fabiano, Robinho et autre Kaka. Heureusement pour lui, deux autres éléments clés reviennent de suspension, le récupérateur Carmona et le milieu Fernandez.
“Compte tenu de ce que le Brésil représente dans l’histoire, il n’y a pas de commentaires à faire”, a souligné Bielsa. “C’est une équipe qui est toujours redoutable et dans ce Mondial, ils ont montré qu’ils avaient leur jeu créatif caractéristique, avec de l’agressivité et de la force en plus”.
Côté chiffres, ceux-ci ne plaident vraiment pas en faveur du Chili contre la Seleçao avec 46 défaites (dont deux lors des qualifications pour cette Coupe du Monde), 12 nuls et seulement 6 victoires.
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A la veille du 8e de finale contre le Mexique, le sélectionneur argentin Diego Maradona a assuré qu’il cherchait encore, malgré la démonstration de la phase de groupes, “son équipe de gala”.
Que vous inspire cette équipe du Mexique que l’Argentine avait déjà rencontrée en 8e de finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2006 ?
Ils ont souffert pour atteindre les 8e de finale, ils n’ont pas vraiment fait forte impression dans un groupe pourtant plus facile que le nôtre, mais on va respecter le Mexique, car ils ont des joueurs de qualité comme Marquez, Guadardo et Giovani qui peuvent nous poser des soucis. Il est difficile de savoir quelle équipe jouera, on entend des choses contradictoires, par exemple que Marquez ou Franco ne joueraient pas. Mais je crois que Marquez va jouer et j’aimerais bien que Franco ne joue pas, car c’est un très bon joueur de tête. Le Mexique doit aussi nous respecter, car l’Argentine c’est l’histoire du football. Cela sera un match difficile, mais on a l’équipe qu’il faut pour nous qualifier.
A part la probable absence de Walter Samuel, votre équipe semble être en pleine forme et avoir fait le plein de confiance grâce à ses trois victoires…
On est en grande forme, c’est vrai. J’ai 23 joueurs à disposition et je cherche mon équipe de gala, mon équipe de luxe, car c’est ce que l’Argentine mérite. Mais il y a toujours des choses à résoudre. Ce n’est pas facile pour des joueurs d’être présentés comme des moins que rien, comme la pire équipe de l’histoire et, après trois victoires, d’être présentés comme les favoris du tournoi. Pourtant, ce sont les mêmes joueurs. Je leur dis : “Il ne faut pas écouter ce que les gens disent. Ce sont les autres, les favoris” Il faut continuer à travailler. Ce n’est pas vrai qu’on a la plus belle équipe. L’important, c’est de se battre et de continuer à travailler, car plus cela devient difficile, plus il faut se battre.
Cette démonstration de l’Argentine dans la phase de groupes, est-ce une revanche pour vous après toutes les critiques ?
Je suis adulte, je vais avoir 50 ans. Je ne suis pas rancunier par rapport à ce qui était écrit ou dit sur moi. Mais ce qui me rend fou, c’est quand les journalistes manquent de respect envers les joueurs, quand ils oublient de s’excuser. Beaucoup de joueurs sont considérés comme des dieux, d’autres sont purement et simplement assassinés par les journalistes. J’aimerais que les journalistes aient le courage de s’excuser. J’ai un avantage sur beaucoup de gens : je sais ce que c’est de disputer une Coupe du Monde, j’étais là en 1978, 1982, 1986 et 1990 quand tout le monde disait qu’on était mort. J’essaie d’apporter mon expérience à mes joueurs, de leur donner tout ce qu’il y a dans mon cœur et mon esprit.
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BLOEMFONTEIN, Afrique du Sud (AFP) – Leur 8e de finale du Mondial-2010 dimanche démentira les stéréotypes: l’Angleterre s’appuiera sur son expérience et son organisation, pendant que l’Allemagne jouera sur la jeunesse et la vivacité.
. Les entraîneurs. Avec près de 29 ans de moyenne d’âge, l’Angleterre n’est jamais venue à un Mondial avec une équipe aussi âgée. Le sélectionneur Fabio Capello est là pour gagner, pas pour préparer l’avenir.
Joachim Löw a fait confiance à la plus jeune sélection allemande depuis 1934, grâce à laquelle il entend imposer sa philosophie d’un jeu rapide et technique. Cela ne sourira peut-être pas cette fois, mais l’Allemagne a un avenir.
. Les gardiens. A 24 ans, Manuel Neuer fêtera sa 9e sélection, quand David James aura 40 ans en août… Choisi après le forfait de Rene Adler, le gardien de Schalke 04 est régulier sans être transcendant. Il n’a pas rassuré contre la Serbie et il peut parfois sortir à l’aventure.
James a cru devoir encore se contenter d’un rôle de doublure. Mais la bourde de Robert Green contre les Etats-Unis lui a offert ses débuts dans un Mondial. Il s’est montré autoritaire contre les Algériens et les Slovènes. Mais ses compatriotes craindront le retour de “Calamity” James.
. Charnières. Au terme d’une saison cauchemardesque avec le Hertha Berlin, Arne Friedrich s’est imposé comme le roc de la charnière, excellent contre le Ghana, quand Per Mertesacker déçoit. Ils pourraient souffrir face à la vivacité de Wayne Rooney et de Jermain Defoe.
Après les blessures de Rio Ferdinand et de Ledley King, et la suspension de Jamie Carragher, le 4e choix, Matthew Upson, a été le bon contre la Slovénie. John Terry, après avoir semé le trouble en critiquant Capello, a livré une performance de haute volée.
. Les créateurs. Mesut Özil, 21 ans, a brillé contre l’Australie, puis a baissé de ton malgré un but splendide contre le Ghana. Un parcours typique de celui que son entraîneur chez les Espoirs, Horst Hrubesch, décrit comme le “Messi allemand”. Talentueux, il est aussi inconstant, comme l’a démontré sa saison au Werder Brême.
Steven Gerrard a souffert avec Liverpool. Mais il monte en puissance et le brassard de capitaine le motive pour enrichir un palmarès insuffisant pour un joueur doté d’un tel talent.
. Le milieu axial. Son rôle ingrat le met moins en évidence qu’Özil, mais Sami Khedira, 23 ans, est LA révélation allemande. Costaud, constant, excellent dans les airs, il pourrait voir son importance encore accrue en cas d’absence de Bastian Schweinsteiger, incertain.
Il devra notamment maîtriser les velléités offensives de Frank Lampard, 32 ans. L’Anglais n’est pas encore vraiment entré dans son tournoi et peut être pris en défaut dans le travail défensif, mais ses 22 buts en Premier League incitent à la méfiance.
. L’attaque. Après une saison éblouissante, Wayne Rooney souffre, tandis que Lukas Podolski, désespérant avec Cologne, revit sous le maillot national. Très bon contre l’Australie, Podolski a ensuite moins convaincu, ratant un penalty contre la Serbie. Quant à Rooney, toute l’Angleterre attend son réveil.
JOHANNESBURG (AFP) – Terminé, la traditionnelle insouciance de l’équipe du Brésil: son sélectionneur Dunga, adepte de la discipline, fait lui-même preuve d’une grande nervosité dans le Mondial-2010, au point peut-être qu’elle déteigne sur la Seleçao.
A la veille de l’entrée en lice dans la compétition, Dunga s’était pourtant présenté tout sourire en conférence de presse, volontiers blagueur. Mais à mesure que l’équipe “progressait” dans son niveau de jeu, leitmotiv des joueurs, la tension montait sur le banc.
Le pompon, le sélectionneur l’a décroché à l’issue du match contre la Côte d’Ivoire (3-1). Alors qu’il répond à une question, il s’arrête brusquement et lance à un commentateur de la chaîne de télévision brésilienne Globo: “Y a un problème?!”, avant de marmonner des insultes. Il fera ensuite amende honorable, présentant ses excuses “aux supporters brésiliens” qui n’ont rien à voir avec ses “problèmes personnels”.
Rancoeur envers la presse, donc. Il avait lancé le 3 juin: “Il y a sûrement ici (en Afrique du Sud) environ 300 journalistes brésiliens qui attendent notre élimination pour pouvoir dire qu’ils avaient raison, que le sélectionneur a eu beaucoup de chance à la Copa America et à la Coupe des Confédérations”.
Des problèmes plus “personnels”, aussi: son père (71 ans), victime de la maladie d’Alzheimer depuis huit ans, vient de se faire hospitaliser. Dunga en retient ceci: “Ma mère, qui est celle qui souffre le plus avec mon père, m’a donné l’exemple: ce qu’on est en train de faire à son fils, on ne devrait pas le faire à un être humain, mais elle m’a appris à ne jamais rien lâcher et tenir bon jusqu’à la fin”.
Ces problèmes entretiennent-ils une certaine fébrilité chez celui qui est pourtant décrit comme “un super gars tranquille” par son meneur de jeu, Kaka? Sur le banc, Dunga sort souvent de ses gonds, remonté contre l’arbitrage ou le jeu dur des adversaires.
Cette nervosité gagne-t-elle le groupe? Pour le premier match, le sélectionneur et les joueurs ont eux-mêmes mis la laborieuse prestation auriverde sur le compte de “l’anxiété” causée par l’entrée en lice.
Pour le deuxième match, Kaka, provoqué par un Ivoirien, se faisait exclure. Dans le troisième, Felipe Melo, agressé par le Portugais Pepe, lui a rendu la monnaie de sa pièce, prenant un carton jaune. Il s’est ensuite fait remplacer, touché à la cheville gauche. Là encore, le “jeu dur” pointé par Dunga a trouvé du répondant côté brésilien.
La Seleçao retrouve le Chili en 8e de finale. En qualifications, lors de leur double confrontation, les arbitres avaient distribué la bagatelle de douze cartons jaunes et trois rouges…

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