Analyse: Oui, on peut encore espérer avoir un stade moderne en Haïti!

Par Benson Petit-Clair

En visite officielle en Haïti le samedi 29 avril dernier, le président de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA), Monsieur Gianni Infantino, dans son discours de circonstance, a souligné qu’Haïti a son plus grand soutien pour faire avancer le football dans le pays notamment dans le projet de construction d’un grand stade moderne. Ce qui a attiré l’attention de plus d’un.

Depuis quelques années, les observateurs du football en Haïti peuvent constater qu’il y a un grand besoin au niveau des infrastructures sportives au pays, le seul “Stade” Sylvio Cator où les Grenadiers reçoivent leur match à vocation internationale, a été construit en 1952 sous la présidence de Paul Eugène Magloire. En 2010, il a été endommagé par le violent séisme du 12 janvier qui a ravagé une bonne partie des installations sportives de la République. Avec un financement de la FIFA, certains aménagements ont été entrepris notamment l’implantation d’une pelouse synthétique en astroturf et un système d’éclairage. En dépit de ces rénovations, l’enceinte du Sylvio Cator, trop vétuste, n’est toujours pas conforme aux strictes normes définies par l’instance suprême du football pour les stades devant accueillir des compétitions internationales, d’ailleurs en novembre 2014, c’est à coup d’arguments sociaux extra sportifs que le “vye grann” a passé le test d’homologation obligatoire, pour répéter les phrases de la FHF.

Dans un pays où le football est le sport principal, un des moyens clés pour assurer son développement c’est d’avoir des infrastructures modernes relatives avec de grande capacité appropriées aux règles du jeu et aux normes internationales. D’autant plus, avoir des stades contemporains favorisera beaucoup d’opportunités économiques sur le plan sportif, culturel, touristique et social. Principalement, la création d’emplois et la facilitation d’autres investissements parallèles (hôtels, restaurants, transport).

Haïti mérite d’avoir des stades contemporains pour pouvoir concurrencer les autres nations de la région à l’occasion des grands évènements sportifs internationaux. La plupart des états Caribéens ont fait de grands efforts pour moderniser leur Stade. Trinidad a accueilli en 2001 la coupe du monde de football des moins de 17 ans et tout récemment, la Grenade, qui, environ 80 fois plus petit qu’Haïti en superficie, a été le pays hôte du Championnat féminin U-17 de la CONCACAF.

Avoir des stades modernes, est le rêve de toutes nations passionnées du football. Cependant, leurs coûts sont extrêmement élevés, le Metlife Stadium dans le New Jersey, le Yankee Stadium à New York, l’AT&T Stadium au Texas, le Stade de Wembley à Londres et le Mané Garrincha à Brasilia sont évalués entre 1 à 1.9 milliards d’euros en moyenne.

En général, la construction ou la rénovation des grands stades de football au monde est financée par le secteur privé ou public. Depuis 1978, la Chine met en oeuvre une politique de construction de stades sportifs dans des pays en voie de développement. Certes, avec les conséquences politiques mais, ces infrastructures sont bénéfiques pour les pays dans lesquels elles sont érigées. En 2011, le gouvernement Chinois a déboursé 100 000 000 dollars américains pour construire un stade au Costa Rica en Amérique Centrale. C’était un cadeau en retour au pays de Joël Campbell pour avoir rompu ses rapports diplomatiques avec Taïwan. De quoi à susciter des analyses approfondies sur les stratégies et décisions politiques, économiques des dirigeants haïtiens concernant les accords politiques et commerciaux avec d’autres pays.

Après cette déclaration publique de Monsieur Infantino pour aider à l’avancement du football en Haïti, les dirigeants du pays doivent faire tout leur possible pour saisir cette opportunité de la FIFA et commencer à travailler pour la construction, l’aménagement et aussi une meilleure gestion des centres sportifs dans des différentes régions du territoire.

Le nouveau patron de la FIFA depuis son arrivée à la tête de l’organisation, a commencé à effectuer des réformes majeures pour accélérer à l’avancement du football dans le monde. Il a procédé à l’ajout de 16 pays du nombre habituel participants à la coupe du monde de football organisée tous les 4 ans. Il a aussi décidé de quintupler le budget des fédérations affiliées à la FIFA, passant ainsi de 250 000 à 1 250 000 dollars. donc la Fédération haïtienne de football (FHF) recevra 1, 250,000 dollars de financement de la FIFA annuellement, ce qui fait un total de 5 000 000 dollars sur 4 ans comme financement pour le football à travers le programme Forward. L’Italo-Suisse a aussi proposé un budget de 4 milliards de dollars US sur les 10 prochaines années afin d’avantager la réalisation des infrastructures dans les 211 pays affiliés à la FIFA.

Haïti n’est pas le premier pays visité par Monsieur Infantino et où il a aussi fait des promesses de support pour la création de stades avec des infrastructures internationalement standardisées. En fait, lors de sa visite en Mauritanie en mars dernier, le juriste de 49 ans, au nom de la FIFA a fait la promesse d’aider ce pays africain à construire son plus grand stade de football.

Avec un nouveau gouvernement en place depuis février, 2017 est l’année décisive pour que les nouveaux dirigeants travaillent de concert avec la plus haute instance du foot, les secteurs publics et privés pour faciliter l’avancement du sport le plus populaire du pays.

 

Benson Petit-Clair, MBA avec une concentration en gestion de projet

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