Home Articles recommandésSélection : le chemin reste long avant de rejouer en Haïti !

Sélection : le chemin reste long avant de rejouer en Haïti !

par Childo Geffrard

Haïti a réussi à décrocher son billet pour la Coupe du monde 2026 sans pouvoir jouer véritablement chez elle. Un retour au pays pourrait toutefois encore attendre. Entre les contraintes sécuritaires, l’état des infrastructures et les exigences de la CONCACAF, le Onze national doit franchir plusieurs obstacles avant de pouvoir accueillir à nouveau une rencontre internationale sur son territoire.

Depuis plusieurs années, la sélection haïtienne est condamnée à l’exil pour ses matchs dits « à domicile ». La situation s’est particulièrement aggravée après les événements de mars 2021, lorsque le bus de la sélection du Belize avait été pris pour cible par des individus armés lors de son déplacement en Haïti. Malgré cet incident, le match avait finalement été disputé au Stade Sylvio Cator, le 25 mars, avec des garanties de sécurité renforcées. Les Grenadiers s’étaient imposés (2-0) grâce à des buts de Ricardo Adé et Steven Séance.

Le Stade Sylvio Cator a accueilli son dernier match international de la sélection haïtienne le 12 juin 2021, face au Canada, au deuxième tour des éliminatoires de la Coupe du monde 2022. 4 ans plus tard, la campagne qui a conduit Haïti au Mondial 2026 s’est, elle aussi, déroulée loin du public haïtien. En raison de l’insécurité et de l’absence d’une autre enceinte répondant aux conditions requises, la sélection a été contrainte de délocaliser ses rencontres.

Le Parc Saint-Victor du Cap-Haïtien apparaît aujourd’hui comme l’une des rares pistes crédibles pour permettre aux Grenadiers de retrouver leur domicile. La ville bénéficie d’un contexte sécuritaire plus favorable que la zone métropolitaine et dispose d’infrastructures hôtelières (4 étoiles minimum) et sanitaires pouvant répondre à certaines exigences. Mais le parc est encore loin d’une homologation automatique et plusieurs conditions doivent être réunies.

Les critères de la CONCACAF concernent notamment les vestiaires, les espaces réservés aux équipes et aux officiels, l’environnement du stade, l’éclairage de l’aire de jeu ainsi que les conditions générales d’accueil. Ces exigences étaient justement au centre d’une séance organisée lundi par le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC), à laquelle ont participé plus de soixante journalistes sportifs.

Au-delà des normes sportives, le Ministère a également insisté sur les étapes administratives et budgétaires qui précèdent la réalisation d’un projet d’infrastructure. Une manière de rappeler qu’entre l’annonce d’un projet de réhabilitation et sa mise aux normes internationales, le chemin peut être long. Pour Haïti, il faudra donc réunir à la fois les garanties de sécurité, les exigences techniques de la CONCACAF et les ressources nécessaires à la mise à niveau des infrastructures.

Le défi est clairement posé. Après avoir réussi à retrouver la Coupe du monde, la sélection nationale doit maintenant retrouver son domicile. Le rêve de voir les Grenadiers rejouer devant leur public existe bel et bien, mais sa concrétisation demeure, pour l’instant, une mission particulièrement difficile.

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