Par Merck’n Sley Suprême Jean-Pierre
C’est une énième défaite pour le sport et ses adeptes. Le ranch de la Croix-des-Bouquets logeant le centre Fifa Goal, destiné à accueillir de jeunes sportifs, est fermé depuis plusieurs mois. Mais dans une récente vidéo prise à l’intérieur de l’espace, des hommes armés se félicitent d’en avoir le contrôle. Partiel ou total, c’est un autre épisode qui affaiblit le sport dans les nobles rôles qu’il est appelé à jouer.
C’est un constat, mais aussi un signal de détresse. C’est vrai que le sport a de super pouvoirs. Il est facteur de cohésion et d’unité nationale, vecteur d’éducation et de développement personnel pour ne citer que ceux-là, mais il dépend des facteurs externes. Il lui faut des moyens. Cloîtré entre l’absence de politiques qui pourraient le supporter, et une situation sécuritaire difficile et hyper compromettante, il est en déclin.
Ceux qui pratiquent les disciplines sportives, ceux qui devraient pouvoir les pratiquer et tous ceux qui devraient pouvoir profiter de leurs effets bénéfiques, sont tous victimes de cet état des faits, qui dure déjà trop longtemps. C’est la société en elle-même, composée d’un fort pourcentage de jeunes, qui en souffre. C’est un véritable vide qui se crée tous les jours, et qui sera comblé de toute façon.
Car oui, quand la société n’offre pas à la jeunesse des occupations saines, c’est la délinquance et la violence qui la submergent. Son énergie, sa vigueur, sa force, mais aussi ses talents, ne sont plus catalysés vers le sens de la compétition, du travail en équipe et du fair-play. Mais vers les activités qui la détruisent. Comment opter pour le sport si la société ne s’en soucie plus? Si aucune propagande ne l’évoque? Et pire, s’il n’est plus au menu?
Vous souvenez-vous de la participation de la sélection féminine à la coupe du monde U20, en 2018? Ainsi qu’à la Coupe du Monde senior en 2023, où ses valeureuses prestations ont été saluées par les grandes presses sportives mondiales? Voilà de quoi parle-t-on quand on plaide en faveur du sport, quand on pleure l’arrêt des activités sportives sur le territoire national. C’est l’une des rares issues bienheureuses, pour une jeunesse qui a la débauche sous le nez.
Voyez-vous, le centre Fifa Goal de la Croix-des-Bouquets, avec notamment l’Académie Camp Nous, peut décrire parfaitement ce qu’un espace pour la pratique du sport peut représenter pour un pays. Un lieu qui rassemble les talents, les forme en leur inculquant les valeurs positives liées au sport. Pour qu’ensuite ils puissent hisser le drapeau national, fièrement, parmi tant d’autres. Voilà le pouvoir du sport.
Une salle de sport, un centre ou un terrain de jeu, doit être réservé à tous ceux qui veulent pratiquer le sport. Mais quand un centre ou un terrain de jeu est foulé par des jeunes illégalement armés, c’est le signe que la société tend vers des résultats diamétralement opposés au bien-être et au progrès.
Les quelques activités sportives qui subsistent préservent l’espoir. Mais tant que cette insécurité, cette conjoncture douloureuse bat son plein, le sport risque de ne pas cesser de battre de l’aile.
Après le stade Sylvio Cator, le ranch de la Croix-des-Bouquets, les rares espaces réservés à la pratique du sport se dégradent sous les yeux d’une jeunesse dépossédée