Éblouissante à son arrivée en Europe en 2017, Nérilia Mondésir s’est vite installée, mais a nettement fléchi ces 2 dernières années. Une baisse de régime qui a peut-être coûté à l’internationale haïtienne un retour en Amérique. Pourquoi elle ne marque plus ? C’est un plus grand mystère auquel on cogite sans cesse.
On prend tout le temps de s’intéresser et s’interroger à l’activité de Nérilia Mondésir actuellement. Celle d’une réalisatrice qui ne réalise plus, comme un écrivain qui n’écrit plus. Alors, pour comprendre l’incompréhensible, il n’est pas nécessaire de se pencher sur les qualités de la joueuse, mais sur les antécédents et son tableau de chasse.
En janvier 2017, Montpellier HSC se félicitait d’arracher un phénomène de la Caraïbe capable d’apporter une nouvelle dimension à son secteur offensif. Véritable star en Haïti, « Nérigol » a délaissé le Centre FIFA Goal de la Croix-des-Bouquets avec des larmes aux yeux. Une scène contagieuse et symbolique qui aura marqué le début d’une nouvelle ère du foot féminin haïtien.
La capitaine de l’équipe nationale a eu le temps de disputer 136 matchs en 7 ans et demi sous les couleurs pailladines. Elle a marqué 23 buts et délivré 16 passes décisives avant d’embrasser l’aventure américaine. Mais lors de sa dernière année en France, Nérilia a baissé en efficacité avec seulement 5 réalisations. Tout ce charme qui occupait nos week-ends vient tout à coup de se rompre. Sans qu’on comprenne vraiment pourquoi, plus rien ne va.
À l’été 2024, les dirigeants montpelliérains ont décidé de changer de politique, en laissant partir certaines têtes de gondole de l’équipe. En ce sens, Mondésir a quitté l’Arkema Première Ligue pour aller déposer ses valises en NWSL (National Women’s Soccer League), au sein de Seattle Reign. Depuis ses débuts le 25 août, la native de Quartier-Morin n’a jamais retrouvé sa vitesse de croisière.
L’ancien club de la légende américaine Megan Rapinoe a été en ballotage défavorable durant toute la première saison. Et la Grenadière peine à retrouver une place de titulaire, si ce n’est que 2 fois en 10 matchs. Elle a sauvé sa peau lors de la dernière journée du championnat, en marquant pour la première fois contre Houston le 18 octobre 2024. Un but décisif, celui de la victoire.
Pour son deuxième exercice à Seattle, l’ancienne star des Tigresses est jusque-là muette après 8 apparitions, dont 4 titularisations. En somme, depuis ses premiers pas aux USA, elle a seulement inscrit 1 but et délivré zéro (0) passe décisive en 18 rencontres. Des statistiques insuffisantes pour une joueuse pouvant enchaîner les performances de haute facture. On parle d’un « terminator » qui avait tout: le flair, le mouvement, la feinte, l’esquive, les appels de balle, les appuis en pivot et une finition létale.
Et comment transformer une sécheresse devant le but en une magnifique opportunité artistique ? C’est la question à laquelle devrait répondre Nérilia Mondésir. Force est de constater qu’elle perd de lucidité devant la cage adverse. Ce qui est le génie poétique des talents évoluant sur le front de l’attaque.
Le numéro 10 des Grenadières doit faire de la « confiance » le principal motif de l’efficacité devant le but, tout en misant sur le travail acharné qui peut la rendre meilleure. On se plaint, on attend sa rédemption. Le métier de l’avant-centre ne consiste pas seulement à répondre à nos attentes mais à les ressusciter.
Nous espérons que « Nerigol » reprendra son pseudonyme. Prions pour qu’il reste à notre étoile encore beaucoup de surprises à inventer !