Par Gary Eliézer
Depuis tout petit, Carlens Arcus avançait avec deux rêves en tête : signer son premier contrat professionnel et participer un jour à une Coupe du Monde. Le premier avait déjà été accompli il y a longtemps, mais le second vient enfin de prendre vie. Une fierté immense pour lui, pour sa mère et pour toute sa famille, tant cette qualification marque l’aboutissement d’un parcours, d’un désir et d’une émotion qu’il attendait depuis toujours. Il se confie dans une interview accordée à son club ce vendredi.
« Ça représente beaucoup de choses. Premièrement, beaucoup de fierté, parce que c’était un rêve d’enfant. J’ai toujours eu deux rêves dans ma vie et j’avais déjà réalisé le premier, qui était de signer mon premier contrat professionnel. Le deuxième vient donc de se réaliser. Pour moi, c’est une fierté de me dire que j’ai réalisé mes deux rêves. On n’y est pas encore, c’est dans un petit peu de temps, mais le fait de qualifier l’équipe est déjà un rêve qui est réalisé. C’est aussi une fierté pour ma mère et pour toute ma famille bien sûr. Je voyais vraiment dans ses yeux cette fierté-là, ce sentiment de voir son fils jouer pour son pays et le qualifier pour une Coupe du Monde, il n’y a pas plus beau. C’est tout ce sentiment-là qui est revenu après cette qualification. Ma mère n’était pas au match, mais elle a vraiment envie d’être présente pour la Coupe du Monde et je ferai tout pour qu’elle soit là. Je sais très bien qu’elle sera encore plus fière et elle sera très heureuse de me voir jouer dans cette Coupe du Monde, » a dit le joueur de 29 ans.
Le 18 novembre dernier, Arcus a fait vibrer le stade Ergilio Sato quand il a adressé le centre à Ruben Providence qui a placé une tête croisée pour tromper le portier nicaraguayen sur le second but des Grenadiers, à ce moment-là, une grande a traversé le natif de la Croix-des-Bouquets qui peut-être sa plus belle et grande de sa carrière.
« Au-delà de ma passe décisive, je suis content de participer un peu à cette fête, mais en fait, c’est plus grand que ça.
Et ce 18 novembre, il faut savoir que c’est une date très importante pour Haïti. Le 18 novembre 1803, c’était la bataille de Vertières. C’est là où a commencé cette lutte pour notre libération. Il faut imaginer un peu le truc. Et il n’y a pas de hasard. Ce match est tombé le 18 novembre donc les étoiles se sont bien alignées. On s’est dit qu’à cette date-là, il faut qu’on fasse en sorte que ça reste vraiment gravé dans la tête des gens, là-bas, en Haïti. Ce match-là, c’était notre destin. C’était notre deuxième bataille. À cette date du 18 novembre 1803, on peut donc ajouter cette date du 18 novembre 2025, celle de notre qualification pour la Coupe du Monde, la deuxième après 52 ans. Donc ça restera gravé à vie, que ce soit pour nous les joueurs et aussi pour le peuple haïtien, » avance-t-il avant d’afficher ses remords vu que les Grenadiers ont joué tous leurs matchs à l’extérieur.
« C’est vraiment le seul gros regret, parce qu’on a vraiment voulu jouer nos matchs à domicile en Haïti. Mais nous n’avons pas pu à cause des problèmes au pays. Cela fait maintenant deux ou trois ans que cela fait que nous ne pouvons pas jouer les matchs en Haïti. Mais on a senti une bonne énergie, depuis le premier match de cette qualification, à travers les réseaux sociaux. Malgré le fait qu’on joue à l’extérieur, on a senti le soutien. On ne s’est pas vraiment senti dépaysé. On aurait voulu profiter avec eux mais je pense qu’on aura une chance de fêter ça avec eux avant la Coupe du Monde ou même après. »

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